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Il est 10 heures du matin, nous sommes le vendredi 3 octobre 2014. Assis à bord de l’Indian Pacific dans nos énormes fauteuils moelleux, nous patientons… Un coup de sifflet retentit. Ça y est, nous partons ! Le train s’ébranle dans une cacophonie de cliquetis et grincements métalliques, tel une longue complainte d’un vieux wagon fatigué…

Derrière nous, 3 adorables fillettes qui deviennent vite un véritable cauchemar, ne sachant pas parler autrement qu’en hurlant, et exécutant caprice sur caprice auxquels leur mère soumise cède sous la pression des cris. Nous prenons notre mal en patience et réussissons tant bien que mal à ignorer le son de leur voix. Nous allons passer plus de 24h avec elles dans le train.
Notre train de 635m de long tracté par 2 locomotives jaunes et bleues quitte doucement Adélaïde pour prendre la direction de Petersbourough puis Broken Hill. Nous allons ensuite traverser le désert et le bush jusqu’à Barthust puis rouler au dessus des Blues Mountains pour arriver jusqu’à Sydney.

En attendant le départ...

En attendant le départ…

Sur les rails vers Broken Hill

Arrivés à Petersbourough, un vieux fermier grimpe à bord et s’installe lui aussi à côté de nous. Visiblement en mal de compagnie il rabâche la même chose à tout ceux qui passe à proximité de son siège. Et lorsque personne ne passe, il tente de nous faire la causette. Malgré notre bon anglais pourtant habitué aux autochtones du bush australien pratiqués pendant de longs mois il y a quelques années, nous ne comprenons qu’un mot sur 5, pas évident.
Nous qui avions prévu de lire et d’admirer paisiblement le paysage, ça va être compliqué…
En quittant la gare de cette petite bourgade, la radio se met en route. Une guitare accompagnée d’un harmonica entonne une triste chansonnette aux sonorités de country sur laquelle un cowboy au cœur brisé conte une belle chanson d’amour. Puis s’en vient une trompette et un banjo faisant résonner un swing façon Nouvelle-Orléans au rythme endiablé d’un balais sur une caisse claire.

Le paysage change des grands champs verdoyants pour retrouver le grand désert plat et sec, coloré de jaune et d’orange. Plus une âme qui vive à part quelques grands kangourous rouges qui rebondissent de-ci de-là. Nous faisons une escale à Broken Hill où nous admirons le coucher de soleil. Nous ne visiterons pas la ville, car nous y sommes déjà passé lors de notre dernier voyage. Nous repartons de nuit, inclinons nos sièges et tombons dans les bras de Morphée.

Coucher de soleil sur l'Indian Pacific à Broken Hill

Coucher de soleil sur l’Indian Pacific à Broken Hill

Le réveil de l’Indian Pacific

Au point du jour, nous sommes déjà aux aguets. Le wagon roupille sereinement. Un épais brouillard colle au train comme une purée de pois. Nous nous plaçons silencieusement sur la plateforme, entre deux voitures, où un large hublot nous permet d’observer l’extérieur à loisir et dans l’intimité. Le tapis molletonné englobe tout. Les contours d’un paysage fantasmagorique émergent ça et là. La nature retient son souffle. De grandes ombres végétales surgissent à l’improviste au détour des virages. On devine la présence d’ovins et de bovidés paissant en contrebas. « Tchika-tchok tchika-tchok », fait le train. Les couleurs changent. Le brouillard bleu s’éclaircit, et soudain tout bascule. La colline met au monde un grand disque jaune pâle. Dans la renaissance euphorique du matin, il s’active, il se bat. Ses rayons percent sa prison de brume en une diffraction saisissante. Nous voyons le monde à contre-jour.

Le lever du soleil sur le bush

Le lever du soleil sur le bush

Puis, le train s’élève dans les hauteurs et nos cœurs marquent un arrêt. Nous venons de percer la couverture de coton. C’est tellement beau que s’en est presque douloureux. Les yeux écarquillés si grands que les larmes montent, retenant notre souffle, nous collons nos visages au carreau dans le vain espoir de pouvoir appartenir un tout petit peu au monde merveilleux qui s’étale à nos pieds. Mais le train ne s’arrête pas, et le paysage défile, idyllique, édifiant de pureté. Nous voyons une vallée immense, de douces collines aux prairies verdoyantes, parsemées d’eucalyptus, de fines et délicates nappes de brume dorée se lovant alanguies dans les courbes du relief, nous voyons des kangourous bondir dans les ombres démesurées des arbres, des agneaux tètent leurs mères, un petit poulain galope au loin. La prairie blondie, se gorge de soleil, brille comme un clinquant de cuivre. Et le soleil… Ah, le soleil est le plus magnifique de tous ! Il resplendit dans toute sa gloire, sublime et rayonnant.

Nous admirons ensemble ce miracle quotidien. Mais bientôt la beauté décroit, le soleil monte, les reliefs s’aplatissent. Nous regagnons notre wagon pour faire un sort aux deux Tupperware de biscuits confectionnés par Rosa avant de partir. Ces derniers sont tellement délicieux qu’ils seront engloutis jusqu’au dernier avant d’atteindre Sydney.
Puis le train se tortille et ralenti, il escalade lentement une douce pente en zigzags pour venir se positionner sur une crête au sommet des Blue Mountains. Le trajet nous offre une vue unique sur cette immense vallée sans fin recouverte d’eucalyptus dont les feuilles dégagent cette lueur bleutée qui a donné son nom à cette région.

Enfin nous arrivons au terminus, Central Station en plein cœur de Sydney, d’où nous allons débuter une nouvelle aventure vers le nord : 2300km jusqu’à Townsville, objectif final de notre voyage australien.

A bientôt !

Tintin & Riette

Le lever du soleil sur le bush

Le lever du soleil sur le bush


Bons plans / Infos pratiques :

La carte YHA :

  • Elle permet d’obtenir de nombreux avantages et réductions partout en Australie, ainsi que des tarifs préférentiels dans les auberges de jeunesses YHA. Parmi les réductions : L’Indian Pacific ! Le tarif du Red Service descends aux alentours de 200$ au lieu de 400$ !
  • Pour l’obtenir, deux solutions : rester 10 nuits dans une de leur auberge, ou l’acheter pour environ 45$ dans n’importe laquelle de leur auberge.

Les infos sur les tarifs de l’Indian Pacific :


 

Cet article comporte 14 commentaires
  1. Le leve tôt c’est moi pour les photos MERCI pour la prose qui l’accompagne chapeau il vous faut écrire des romans les jeunes croyez moi.Si vous connaissiez le nombre de livres que j’ai lu ! ! ! ! ! !Bonne route

  2. 9h me voici devant mon petit journal j’ai eu hier votre message merci tout va bien pour moi.je lis donc comme toujours vos commentaires avec intérêts je m’aperçois
    Que vous n’êtes pas encore au bout d’après ma carte courage et bisous Mamie

  3. Magnifiques photos !!! Celle du train (le coucher de soleil sur le quai…Quentin qui se reflète dans les vitres…) et le levé de soleil sur le bush, je comprends l’émotion que vous avez ressenti quand vous vous êtes, en quelque sorte, plongés dans l’univers qui se présentait à vous, vous en faisiez partie et c’est une sensation qui dégage une forte émotion…Merci de nous l’avoir fait partager, et par vos photos de nous permettre d’approcher ce que vous avez pu ressentir…
    Quelle beauté !!!
    bises. Et vivement la suite…

  4. OUAOUHHHHHH
    juste magnifique … les photos, le texte et toutes les envies de voyage que vous nous donnez….
    PS : dimanche matin à 8h les plaines champenoises brumeuses ressemblaient un peu à votre vue australienne … 😉

  5. Comme toujours de magnifiques photos. Moi aussi j’aime bien les reflets qui parent le train d’or et les brumes matinales somptueuses. Au passage j’ai remarqué une maisonnette à restaurer au milieu de nulle part assez sympathique!!!
    Ici aussi il fait très beau et très chaud, les températures sont encore autour de 25° très inhabituel pour la saison mais nous en profitons bien avant l’hiver.
    Bisous à tous les deux

  6. superbes photos qui nous font rêver…et nous donnent envie de partir et de partager votre ressenti.
    bises à vous deux et j’attends la suite.

  7. Superbe encore.
    Je vous ‘re’ suis depuis le début même si je n’ai pas encore laissé de commentaire. C’est toujours aussi génial de vous lire et d’apprécier ces photos. Chapeau pour la qualité des photos dans le train car ce n’est pas facile.
    C’est quoi comme appareil ? Ca m’intéresse.
    A+

  8. Bonjour bonjour !!
    Et bien qu’elle Belle expérience vous partager avec nous 🙂 merci
    Les photos sont très belle !
    Je vous ecris aussi pour vous demander plus de détails !
    Nous connaissons le train puisque nous l’avons pris des dizaines de fois en Inde et pas toujours dans de meilleurs conditions !! Je serais ravis de découvrir ce train australien ! Nous arrivons en Australie début décembre (à Sydney) et j’ai un amis de longue date qui vis à Perth et malgrés que nous soyons dans le même pays je ne pensais pas aller le voir par rapport à la distance que cela nous faisais parcourir mais après avoir lu cette article ! Je me dis pourquoi pas ! 🙂 qu’elle est cette carte YAH et à quoi peut elle être utile ? Faut il réserver lontemps a l’avance le ticket ?
    Merci d’avance
    J’espère avoir de vos nouvelles .
    À bientot
    Marine & jean
    Ps: profitez à fond 😉

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