Il y a quelques jours, nous avons publié un article sur la préparation d’un road trip en Australie, dans lequel nous avons écrit qu’il était facile de trouver un boulot en Australie et très bien rémunéré avec ça.
Mais comme dans tous pays, en Australie tout n’est pas rose ! De nombreux voyageurs se font arnaquer par des contracteurs chaque année. Durant nos voyages, nous avons rencontré un certain nombre de backpackers tombés dans le panneau d’une annonce très alléchante, mais qui finalement ont dû tout plaquer et y laisser quelques centaines de dollars.

En 2011 lorsque nous y étions nous avions notamment pu croiser le chemin de Quentin, qui bossait à Birdsville en plein outback à la limite du Simpson Desert, et qui à bout de nerf à tout plaqué un petit matin pour revenir à Brisbane (1500km !) en stop en laissant derrière lui sa semaine de salaire !
Ce fût aussi le cas d’autres personnes que nous avions rencontré tout au long de l’année, qui avait trouvé un plan woofing de rêve qui a vite tourné au cauchemar lorsqu’on leur a demandé de travailler 5 à 6 heures par jour pour une chambre miteuse infectée d’insectes et un repas que même un chien n’aurait pas mangé !
Dans notre cas nous avons été chanceux, nous avons travaillé pour Blue Moon à Kirup dans le bush au sud de Perth. Blue Moon est la plus grosse ferme des environ, et emploie des dizaines de backpackers. Le travail se déroule sous forme d’un concours et ceux qui perdent sont renvoyés. Les promesses de plusieurs semaines de boulots (on nous avait promis presque 2 mois) se réduisent à 1 semaine pour les moins chanceux 3 semaines pour les autres, puis allez ! Tout le monde dehors !

Un contracteur est particulièrement célèbre pour être le pire boss d’Australie. Il s’agit de Don’s Backpackers. En 2012 A current Affair, une émission de TV australienne avait tourné un reportage sur lui (voir à la fin de l’article).
Pourtant aujourd’hui, malgré des reportages TV et de nombreuses plaintes déposées contre lui auprès de la justice australienne, nombreux sont les backpackers qui tombent encore dans son piège, se font insulter, et réduire à la limite de l’esclavage.

Sophie à été une des victimes de cette arnaque et nous raconte son expérience :

Je cherchais un travail et sur internet je trouve cette annonce plutôt cool : « special for backpacker : fruit picking and farm job, great pay, you can expect 100$ per day, work between 5 and 7 day per week. Accomodation 150$, transport to the farm included. Email or call…« 
J’envoie un mail, 7 heures après j’ai une réponse, j’échange quelques mail avec une personne nommée Bethany. Tout se passe bien, du coup je confirme, book mon bus et j’y vais !

C’est une fois là bas que tout commence à changer :

Il faut tout de même avancer 2 semaines d’accommodation et une caution de 150$…en liquide bien sur !
Au premier contact,  Don le contracteur, me propose d’aller nager avec lui, siffle et drague la moindre fille qu’il voit dans la rue ou à la ferme… Lorsque je découvre la dite « ferme », c’est un genre de camp avec un hangar, un bâtiment contenant une chambre, salle de bain, cuisine, lounge climatise, aucune sécurité incendie ou électrique alors que l’ensemble est dans un état lamentable. L’ensemble est entouré de barbelés et de barrières branlantes. Le reste n’est qu’un amas de vielles caravanes minuscules dans lesquelles on peut loger… A 4 ! Inutile de préciser qu’en plus de 4 backpackers la caravane est également habitée par des fourmis, bed bugs, et rats…

Le soir je demande où je vais travailler, à quelle heure je dois être prête, etc… Personne ne sait me répondre. On nous dira finalement vers minuit qu’il faut être prêt a 4:30 ! Short night… Le matin, à l’heure convenue, nous sommes prêts. Nous patientons. C’est finalement à 6:00 qu’il vient nous chercher ! L’organisation est comme cela tous les jours depuis.

L'intérieur de la caravane que Sophie partage avec 4 autres backpackersFinalement je commence que a 9h, payé 15$ de l’heure. Je travaille 3h. C’est loin des 100$ promis dans l’annonce.
Les jours s’enchainent : pick up d’oranges, 21$ par bin, (sachant que si tu bosses direct avec une ferme c’est 32$), il se prend donc 11$ de commission par bin ! Une bin doit faire environ 200kg, on ne ramasse pas plus de 3 bin en une « journée » de travail. Somme à partager avec tous les membres de l’équipe. On ne nous fournis aucun gants, aucune protection alors qu’au téléphone il nous a été dit que tout était prévu…
Ensuite, le boss inspecte les arbres. Il voit qu’on a laisser quelques oranges dans un arbre, trop loin pour les atteindre et trop risquer de faire des acrobaties pour ça. Directement le chef nous menace de ne pas nous payer la journée et menace même le responsable d’équipe ! Apparemment, pour ça ils virent toute l’équipe…

Voila donc : 7h de taf = 50$ ! Nous n’avons pas l’assurance de bosser tous les jours, sommes logés dans un logement lamentable sans accès à la ville ou à Internet. De plus le contracteur refuse de signer les papiers pour la 2eme année de visa.

Sophie à également témoigné à la radio sur Le Mouv’ dans  Allô la planète.

Sans en faire une généralité (car il y a quand même beaucoup plus de bonnes expériences que de mauvaises !) ce genre de pratique est encore assez courante en Australie (Et Nouvelle-Zélande). Et malgré plusieurs plaintes posées contre ce « Don », son entreprise continue d’exercer et inflige ce même traitement à de nombreux backpackers !
Sa page Facebook est un véritable mur d’insultes d’ailleurs…

Soyez donc vigilant sur les promesses des fermes et tentez d’obtenir un maximum d’informations sur les fermes dans lesquelles vous allez vous rendre (surtout si vous n’êtes pas autonome d’un point de vue de vos déplacements et que la ferme est en plein bush). Soyez également très très vigilant aux annonces qui demandent à payer le loyer en avance et en cash et celles qui recherche uniquement des backpackers.
Si vous êtes une femme, faites particulièrement attention aux travails en milieu rural où la mentalité est très souvent hyper machiste, et les comportements bien lourdingues.
Et surtout ne mettez pas les pieds chez Don’s Backpacker !!!

Vous pouvez obtenir plus d’informations sur les droits du travail australien sur http://www.fairwork.gov.au/

Si vous avez été victime d’une de ces arnaques et avez réussi à mener une action pour aider les backpackers et mettre fin à ces pratiques, n’hésitez pas à nous contacter afin que l’on ajoute ces informations à cet article ! Ces contrateurs comme Don sont recherchés par le gouvernement, mais sont très malins afin de ne pas se faire coincer ! Tout témoignage et preuves pouvant servir à mettre fin à ces pratiques seront utiles !

Voir le reportage « A current affair » à propos du fameux Don’s Backpackers :

Cet article comporte 2 commentaires
  1. Salut !
    (Nous découvrons votre blog, chapeau pour votre boulot!)
    Concernant cet article, il m’a interpelé car nous arriverons en Australie dans un mois avec nos WHV en poches…! Merci pour ces mises en gardes, on bannit Don et on sera prudents! Il semblerait qu’il soit judicieux d’être véhiculé quand on recherche du travail fans les fermes aussi. Je suis quelques groupes Facebook au sujet des backpackers et n’ai pas encore vu passer de posts à ce sujet. Il pourrait être intéressant de « recenser » tous les mauvais patrons sur une page de blog, qu’en pensez-vous? (Ca existe peut-être déjà)

  2. @Adree : Salut ! Merci pour ton commentaire 🙂 Rassures tout de même, l’Australie est un pays génial et les australiens sont tout de même majoritairement très sympas et honnêtes ! Vous allez vivre une expérience géniale !
    Il nous semble par contre en effet indispensable d’être véhiculé pour bosser en ferme, c’est tout même plus pratique, ne serait ce que pour bouger les week-ends !
    Nous avions pensé à faire une black list des employeurs, mais c’est beaucoup de boulot et nous n’avons tout simplement plus le temps. D’autant plus que nous ne sommes plus en Australie maintenant…

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