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Le début de la traversée du désert en stop

Sacs au dos et pancarte à la main, nous regardons notre ami Kevin s’éloigner au volant de sa « red bomb » avec un pincement au cœur, après de grandes embrassades. Moment d’émotion… Kevin nous a déposé à un endroit stratégique où nous allons pouvoir nous essayer à tendre le pouce. Ignorants toutes les histoires sordides d’autostoppeurs massacrés dont nous abreuvent nos amis australiens depuis quelques jours, nous nous lançons finalement à l’assaut de notre objectif : traverser en stop les 2858 km qui séparent Bunbury d’Adelaide. Alors que, pouces levés, nous prenons notre meilleure pause de « voyageur dignes de confiance », nous devons admettre que nous ne sommes quand même pas plus rassurés que ça… Dans quoi nous embarquons nous ?

Cependant les premières inquiétudes sont vites levées. Au bout de dix minutes d’attente, une voiture s’arrête à notre portée. Nous grimpons à bord et rencontrons Noel, un bavard et jovial sexagénaire qui va passer quelques jours à Geraldton. Nous convenons qu’il nous dépose à Perth. Les 250 km passent à toute allure, au fil de conversations animées, et Noel fais même un détour dans son trajet afin de nous déposer sur la bonne route, en direction de l’Est. A peine déposés, voilà qu’une autre voiture s’arrête, dans un nuage de poussière ! Décidément, c’est presque trop facile !
Une australienne d’une cinquantaine d’années aux longues tresses blondes nous embarque. Elle s’appelle Wendy, est bikeuse, ex-conductrice de road trains, et habite quelque part dans le bush entre Perth et Kalgoorlie. Son mari et elle possèdent une entreprise de bois de chauffage qui marche bien, recyclent également de vieux pylônes électriques et font commerce d’engrais. Nous lui apprenons notre projet de nous rendre en Nouvelle Zélande dans les prochains mois.
– Formidable ! s’exclame-t-elle. Mon mari est un kiwi, et ma belle famille possède une des plus grandes fermes de l’ile du Nord, je suis sure qu’ils pourraient vous aider dans votre voyage ! Je vais m’arrêter chez moi, pour vous donner leurs coordonnées !

Nous échangeons un regard, partagés entre un sentiment de bonne surprise et d’inquiétude. Notre paranoïa d’autostoppeurs débutants nous fait nous imaginer un traquenard ! Surtout qu’à nos yeux d’européens, nous sommes vraiment loin de tout !! Arrivés chez elle, elle nous installe sur sa terrasse avec deux bières fraîches, auprès de deux splendides Harley, pendant qu’elle va chercher les coordonnées de sa belle famille. Soupçonneux, nous buvons du bout des lèvres : peut être essaie-t-elle de nous saouler avant de nous découper en morceaux !!! Durant ce temps, deux grands gaillards arrivent et nous offrent une seconde bière.
C’est Tony, le mari de Wendy et Scotty, un ami. Scotty, clope au bec, bière en pogne, nous exhibe fièrement sa main à laquelle il manque un doigt. Il nous raconte qu’il se l’est fait sauté avec son calibre .38 un soir de beuverie !!! Les histoires macabres de Kevin nous reviennent à l’esprit. Tony ne nous aide pas à nous mettre en confiance lorsqu’il nous explique qu’avec sa pelleteuse il peut nous enterrer la où personne ne nous retrouvera jamais !
Nous découvrons finalement que notre anxiété est totalement infondée, Wendy et Tony sont simplement des gens vraiment sympas et plein de générosité. Wendy non seulement nous donne les coordonnées de sa belle-famille, mais elle leur passe également un coup de fil pour les prévenir de notre arrivée dans les mois qui vont suivre ! Elle téléphone ensuite à Kevin pour le rassurer sur notre sort. Comme l’après midi est déjà bien entamée, elle nous propose de rester dormir chez elle, et son mari Tony va nous chercher un bon fish and chips pour le diner. Nous n’en croyons pas nos yeux ! Nous passons la soirée à discuter voyage, bécanes et musique, avant d’être installés dans leur chambre d’ami, où nous passons une très bonne nuit.

Le jardin de Wendy & Tony

Le jardin de Wendy & Tony

En route vers Kalgoorlie

Au matin, Wendy nous sert un gargantuesque petit déjeuner composé d’œufs brouillés, de toast beurrés, de tomates, de champignons, de saucisses épicées et de chops de moutons. Avec ça, nous allons tenir la marée!! Après avoir dit au revoir à Tony et aux deux adorables chiens, elle nous avance d’encore 50km en direction de Kalgoorlie, avant de nous déposer au niveau d’une petite bourgade où nous sommes sûrs de trouver de l’eau et de l’aide en cas de besoin ! Nous quittons Wendy émus. Nous sommes très heureux d’avoir croisé son chemin. Wendy et son mari Tony apportent encore une preuve, s’il en faut, que le monde est vraiment rempli de gens formidables ! Quelle belle rencontre !

Nous n’attendons qu’une vingtaine de minute avant qu’une autre voiture ne s’arrête pour nous prendre. Brenton se rend d’une traite à Kalgoorlie, à 500km de là environ. Il n’est pas très bavard mais répond à toutes nos questions. Le paysage devient de plus en plus aride au fil des kilomètres, les collines verdoyantes se transforment petit à petit en plaines poussiéreuses aux herbes jaunies.
La route longe un impressionnant pipeline qui alimente toute la région en eau depuis Perth. L’histoire de la construction de ce pipeline est visiblement épique. Nous apprenons d’ailleurs que l’ingénieur en charge du projet, persuadé d’avoir lamentablement échoué, fut pris d’une terrible crise de désespoir et mis fin à ses jours… une semaine avant la mise en service du pipeline qui fut une complète réussite !
En plein no man’s land nous doublons un japonais à pieds, tirant une charrette sous le soleil de plomb du désert ! Nous avons trouvé plus audacieux que nous.

En fin d’après midi, nous arrivons enfin à Kalgoorlie, très jolie ville minière digne d’un décor de « Far-West » de 30 000 habitants environ, dont la majorité travaille pour la mine d’or, où se trouve le très fameux « super-pit ». Lorsque nous arrivons, les rues sont complètement désertes. Lugubre. Mais nous apprenons qu’aujourd’hui est le dernier jour de l’évènement majeur de la région : The race ! Une course hippique de renommée nationale qui attire chaque année un grand nombre de visiteurs endimanchés comme pas permis !!
Nous rencontrons Martin, un sympathique polonais qui voyage en stop également, et escaladons ensemble Mount Charlotte, à l’extrémité de la ville, afin d’admirer le magnifique coucher de soleil sur l’Outback. Nous nous trouvons ensuite une bon spot de camping pour passer notre 1ere nuit sous la tente, et nous endormons contents de notre début d’aventure.

Bonne nuit !!

Tintin & Riette

Kalgoorlie

Kalgoorlie

Cet article comporte 9 commentaires
  1. Qui voudrais faire du mal a de si beaux gamins.Bravo tous les deux vous avez pas votre auto cette fois ? ? ?Pour la nuit sous la tente je voudrais vous envvoyer un peu de mousse de mon jardin ! ! ! De la paille sous le tapis de sol pas possible.
    Un peu noyeau de pêche ! ! ! A+

  2. sympa ce petit trip dans des ranchs de zérie Z perdus au lieu du bush! ils avaient l’air cool vos bikers, mais faites gaffe aux mineurs zombies quand même 🙂
    et c’est un warrior le chien de Wendy 😀 d’ailleurs c’est p’tet’ un zombie aussi 🙂

  3. Eh! les marmots (lire marmot’s)! moi, ça ne m’étonne pas que vous soyez si bien accueillis (quoique j’aie un peu flippé quand même pendant la lecture du récit: elle est trop forte, Mariette pour créer le suspens!). Vous êtes accueillis comme ça parce que vous le valez bien! (comme dirait l’autre..). quand je pense que vous avez déjà une chambre en NZ!!! Bonne route à vous et profitez bien!

  4. Bonjour les topins! Je viens de lire votre dernière aventure, c’est vraiment agréable à lire ! Je me lasse pas de vos aventures qu’on pourrai faire en petite bande dessiné !!!

  5. Wouuuuh super! Quelle plaisir de voyager à travers vos récits! Ca donne envie de reprendre son sac à dos et de foncer vers d’autres contrées 🙂 Bravo, profitez à fond ! Pleins de belles et super choses pour vous!
    Des bisous de Toulouse!

  6. Bonjour les chercheurs d’or,
    C »est toujours un immense plaisir de vous retrouver.
    Prendre son petit déjeuner au milieu d’une mine d’or avant d’aller travailler, c’est plutôt agréable.
    Bonne route, prenez soin de vous, Bises, Fred.

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