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Nous sommes à Gold Coast en milieu d’après midi, plantés sur une rampe d’accès à la motorway d’où nous espérons reprendre la route en direction de Townsville, quand une grosse madame dans un gros 4×4 insiste pour nous emmener aussi loin qu’elle va. Elle parle d’une grosse voix, dans un gros téléphone tout le long du trajet et veut nous déposer sur une grosse rampe d’accès avec plein de passage selon ses dires. En fait elle nous dépose 10km plus loin, sur un échangeur où les voitures ne peuvent absolument pas s’arrêter, juste à la sortie d’un centre commercial. Nous restons coincés ici une bonne heure avant de commencer à envisager de passer la nuit dans un coin d’herbe planqué entre la rampe d’accès et la motorway… Mais dans un élan d’optimisme Quentin décide de tenter le coup sur le rond point de l’autre côté de la motorway.

C’est là que Shanon nous ramasse dans une vieille voiture de luxe équipée d’un V8 qui ronronne à merveille. Il habite la banlieue sud de Brisbane à 1 heure d’ici environ. Nous retentons le coup de la tente dans le jardin. Il ne peut rien nous promettre, il habite en collocation avec 2 autres types. Arrivé à destination, Rod le propriétaire des lieux, voyageur et homme au grand cœur, nous offre un lit, une douche et une délicieuse quiche ! La soirée sera courte, Aaron le 3eme larron se lève à 4 heures du matin pour aller travailler sur un chantier à 170km au nord. Le hasard fait bien les choses ! Nous négocions 2 places pour partir avec lui au petit matin. Merci les gars !

Aaron nous dépose à Cooroy, sur l’échangeur qui marque la fin de la morotway. Nous avons de la chance, la highway est en travaux, les voitures roulent au pas. Nous tendons le pouce 15mn avant qu’un roadtrain ne s’arrête !
Brendon est un kiwi installé depuis un moment en Australie pour réaliser son rêve : travailler dur pour économiser afin de se payer un yacht de 40 pieds de long pour faire le tour du monde. Il aime bavarder, rire, boire et manger. Il nous explique qu’il n’est pas censé prendre d’auto-stoppeurs, mais comme il a oublié son iPod et qu’il va à Rockhampton à 600km d’ici, il a besoin de compagnie ! Nous comprenons pourquoi : la route est défoncée, et ennuyeuse à mourir. C’est d’ailleurs paraît-il l’une des routes au taux de mortalité le plus élevé du monde. Pour le remercier nous lui payons un café sur la route. Nous l’aidons à décharger son camion, puis il nous offre un sandwich et un fish & chips. Décidément il est vraiment sympa ce Brendon !

Duel avec son ombre ! Faut bien passer le temps ;)

Duel avec son ombre ! Faut bien passer le temps 😉

A Rockhampton un homme s’arrête pour nous indiquer que nous aurons du mal à nous faire embarquer ici car nous sommes encore en zone industrielle. Il propose de nous déposer plus loin. Il nous conduit donc à environ une cinquantaine de kilomètre a proximité d’un tout petit village au milieu de nulle part. Pleins d’espoir nous attendons… Nous attendons encore… Nous attendons des heures ! Personne ne s’arrête. Il est trop tard. Nous décidons de planter la tente derrière un panneau publicitaire, caché entre les grandes herbes et la voie ferrée.

En franchissant le grillage nous lisons un panneau indiquant qu’il est interdit de s’approcher des voies et que toute personne surprise ici se verra gratifié d’une amende de 3000$. OK. Mais quel autre choix avons nous ? Nous misons sur la couleur foncée de notre tente pour nous camoufler et espérons qu’il n’y aura pas trop de train. Nous nous trompions sur ce dernier point. Plusieurs trains passent, mais pire : un train s’arrête, la locomotive pile au niveau de notre tente ! Toutes ses lumières sont allumées, devant, en haut, en bas, sur les côtés. Un véritable sapin de noël. Nous espionnons le chauffeur à travers le minuscule hublot de notre tente, redoutant qu’il nous remarque. Il bouge. Il descend. Il éteint ses lumières ! Nous a t il vu ? Nous sommes sauvés par une éclipse totale de lune, lâchant sur la nuit un épais rideau noir. L’expression « il fait aussi noir que dans le cul d’un bœuf par une nuit sans lune » prend tout son sens ! Le chauffeur a les yeux rivés sur l’éclipse. En fait il s’est juste arrêté pour laisser passer un train dans l’autre sens, et s’étant concentré sur le ciel, il ne nous a pas remarqué.

Le lendemain nous sommes sur le pied de guerre à 5h pétantes. Nous patientons encore 1h lorsqu’Andy s’arrête dans sa minuscule voiture. Il vient de quitter son job et veut voyager sur la côte est quelques temps. Il nous emmène à Mackay, 250km au nord. Nous y cassons la croute, puis nous remettons en piste. Quelques minutes plus tard c’est encore une petite voiture qui s’arrête.
Emma, travaillant à la mine rentre chez elle à Airlie Beach à 100km de là, pour quelques jours. Emma est une jeune femme pétillante, pleine de vie, rêvant de voyages. Nous avons une conversation animée et regrettons de ne pas pouvoir passer plus de temps avec elle. Elle nous dépose en début d’après midi à la sortie de Airlie Beach pour notre dernière ligne droite jusqu’à Townsville. Elle nous parie d’ailleurs qu’on y sera avant 5h ce soir. Malheureusement elle a perdu !

Les 4 heures d'attentes à Airlie BeachNous sommes à 200km de notre objectif, et restons coincés 4h ici, en plein caniar ! Un nombre de voitures incroyable nous passe sous le nez. La majorité sont seuls. Mais ils nous laissent ici, a portée de main de notre destination, à rôtir au soleil comme des poulets sur une broche.
Enfin Ken s’arrête. Notre sauveur ! Il va à Townsville. Immigré de Suède il y a un moment, il dirige une entreprise florissante spécialisée dans l’éclairage LED. Cultivé, intéressant et intéressé, nous discutons de beaucoup de choses. Sa grande fierté c’est son fils, chanteur de The Rüfüs, un groupe d’indie pop fondé il y a 3 ans, qui est aujourd’hui sur le devant de la scène internationale et qui joue devant des foules de 20 000 personnes ! Il nous fait écouter, en effet, ca vaut le coup, ces gars là on du talent !

Nous avons réussi ! Nous voilà au terme de notre périple australien chez notre ami Robert où nous avons passé quelques semaines à se relaxer dans le spa, et à se promener dans les gorges et forêts tropicales alentours. Nous avons parcouru 6000km au total, 5000km en stop dont 2858 au travers de l’une des régions les plus inhospitalières du globe.

Nous pouvons tirer quelques leçons de cette expérience :

  • Si on vous dit que c’est impossible, dangereux ou stupide, ca ne l’est surement pas ! C’est ce qu’on nous a répété tout au long de notre trajet, pourtant pour nous cela à été une expérience incroyablement bonne et positive. Vivez vos rêves !
  • Lorsque les hommes se rassemblent en trop grand nombre, ils se perdent et s’effacent.
  • C’est lors des pires situations, lorsque l’espoir commence à s’envoler, qu’une incroyable expérience ou merveilleuse rencontre nous tends la main et nous sort du pétrin. La terre est encore peuplée d’une grande majorité d’hommes bons, généreux et au cœur ouvert, prêt à rendre service.

Encore un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé durant ce voyage ! Et merci aussi à vous qui nous lisez et nous suivez.

A bientôt

Tintin & Riette

Cet article comporte 9 commentaires
  1. 8h45 bonjour c’est l’heure de mon petit journal que j’ai encore lu avec plaisir .Voici cette première partie de voyage terminee.Toujours de belles photos .Little et Big Crystal et Aligator Creek agréables a regarder Mariette est gonflee d’oser sauter .J’ai pu vous suivre sur ma carte le long de la côte.impatiente pour la suite à bientot bisous et bonne chance !!! Mamie

  2. Sacrée virée ! Les 4 heures d’attentes, en plein cagnard…Ça n’a pas du être de la tarte ! Au fait en avez vous vu des alligators ? Jolies photos encore…
    Vivement la NZ et la suite…

  3. Ajoutez des photos de toutes ces merveilleuses personnes que vous rencontrez pour qu’on puisse mettre des visages sur les prénoms, ce sera encore mieux pour vivre cette aventure avec vous! Quel bonheur de vous lire… vivement la suite!

  4. sympa les 4 heures d’attente en plein soleil avec une belle vue sur la zone industrielle 😀 mais bon globalement vous avez eu du bol sur le stop quand même, à part quelques exceptions, vous n’avez pas l’air d’avoir poireauté tant que ça entre 2 voitures, et vous avez rencontré un paquet de gens cools!

    jolies photos des « creeks »!
    (avec un nom comme Alligator creek, ya même pas un futur sac à main en photo?)

  5. même en ayant eu 4h au soleil vous avez de la chance et fait de belles rencontres
    la Brrr creek est tarzanesque!!!!

    bises

  6. @Mamie : Mariette à eu du cran oui, mais nous avons vu un groupe de jeune sauter d’un rocher encore plus haut en salto arrière ! Impressionnant !
    @Marie : On aimerait bien, mais on a pas toujours l’occasion de prendre une photo dans la voiture, et par respect pour la vie privée des gens, nous ne pouvons pas mettre leur photo sur le net sans leur permission.
    @Papapo et Gaultier : Désolé les amis, mais il n’y a pas l’ombre d’un alligator en Australie. Uniquement des crocodiles d’eau douce (les « petits » inoffensifs ») et d’eau de mer (les gros qui peuvent faire 7m de long !), mais il n’y en a pas un seul dans Alligator Creek.

  7. Salut les jeunes
    Je me régale de vos photos et surtout journal, même si je ne rajoute pas de commentaire. Aujourd’hui je fais exeption car c’est un peu comme un chapitre qui se termine : merci de nous faire profiter….bonne continuation….à bientôt.. Bises

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