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Bagan la magnifique… Que dire sur Bagan qui n’ait pas déjà été écrit 100 fois ? Telle est la question que nous nous posons alors que nous contemplons la myriade de montgolfières s’élever vers le ciel dans le rougeoiement du levant…

Bagan et la voûte céleste.

Nous arrivons à Bagan au beau milieu de la nuit. «Comme d’hab’, soupirons-nous, blasés et exténués, c’est visiblement la tradition dans les transports en commun birmans». En parlant des traditions dans les transports, justement, il semble qu’une nouvelle pratique ait été mise en place depuis que nous avons mis les voiles en direction Mrauk U dans l’ouest du pays : nos sacs ont été pour la seconde fois généreusement arrosés de jus de poisson à l’odeur aussi putride que repoussante que nous trainerons tout le reste du voyage, ameutant tous les félins des alentours.

Mais malgré la fatigue et la lassitude imposées par les 18 dernières heures que nous venons de passer dans le bus, nous sommes néanmoins heureux d’être enfin arrivés dans l’enceinte de la mythique cité de Bagan. Après avoir délaissé nos odorants paquetages dans un hôtel dont nous avons bien entendu dû réveiller la pauvre tenancière, nous nous sentons l’âme assez gaillarde pour nous élancer fissa à la découverte des lieux. Bagan, tout le monde connaît, au moins de réputation. L’incontournable du Myanmar. Le site archéologique le plus exceptionnel du pays, qui recense à lui seul 2834 pagodes dans un état de ruine plus ou moins avancé. On a tous vu au moins une photo, dans un magazine ou sur le net, de ces temples au lever du soleil survolés de montgolfières flottant dans un ciel d’or. Bagan, la seule, l’unique !

Que le show commence ! Les balons s'élèvent au dessus des pagodes au lever de soleil sur Bagan

Que le show commence ! Les balons s’élèvent au dessus des pagodes au lever de soleil sur Bagan

Pour gagner le site principal, il nous faut maintenant marcher maintenant 6 kilomètres, le long d’une route sombre, déserte et interminable. Mais qu’importe, nous avons du temps à tuer avant le lever du jour ! Des pagodes illuminées émergent majestueusement de l’obscurité dans un halo doré de lumière artificielle qui occupe momentanément les obturateurs de nos appareils. Mais nous ne trainons pas trop quand même, nous voulons être à l’heure pour le grand spectacle !

Le grand spectacle, quand on ne connait pas les « spots secrets », on l’admire du haut de Shwesandaw, une haute pagode qui domine la plaine. Le lieu est réputé, comme en témoigne la foule impressionnante de gens qui attendent déjà agglutinés dans le noir alors qu’il n’est pas encore 5 heures du matin. Il y a d’ailleurs quelques cas assez cocasses : il y a ceux qui attendent trépied sorti et l’air heureux, tournés du mauvais côté, ceux qui ont installé le trépied pour y mettre un smartphone, ceux qui ont 25000€ de matos et qui shootent déjà en pleine nuit à haute vitesse avec le flash intégré. Aaaaah la photographie…

Lever de soleil sur Bagan et troupeau de badauds

Lever de soleil sur Bagan et troupeau de badauds


En attendant, on se tord un peu la nuque pour admirer le tapis d’étoiles. Celles-ci s’éteignent peu à peu, doucement chassées par l’onde rose de l’aube naissante. Les premiers rayons illuminent délicatement la brume rasante de teintes d’or, tandis que de l’autre côté de la plaine une multitude de montgolfières se gonflent, prennent leur envol, puis s’élancent dans un grand ballet aérien. Et le spectacle commence ! En quittant l’épaisseur nuageuse, le soleil embrase l’atmosphère. La forêt de temples dessine des silhouettes pointues dans le feu du ciel, tout en imprimant sur le papier de la plaine de longues ombres-pyramides. Les montgolfières traversent lentement le paysage, se perchant de temps à autre aux sommets des pagodes… Le temps s’arrête.

La magie de Bagan se révèle sous les voûtes célestes les plus précieuses et les plus pures. Alors durant ces quelques jours, nous guettons le ciel, pilotant nos petits scooters électriques de location dans le labyrinthe de pagodes pour repérer les meilleurs spots. Nous assisterons de nouveau au lever du soleil… Et aussi aux couchers de soleil, volant à Bagan quelques paillettes de rêve orangé.

Coucher de soleil enflammé sur les pagodes Bagan

Coucher de soleil enflammé sur les pagodes Bagan


Bagan, ce labyrinthe

Avant d’y mettre les pieds, nous étions inquiets de trouver Bagan rongée par l’industrie du tourisme et par des foules de visiteurs en délire (dont nous faisons bien évidemment aussi partie). Mais malgré le fait avéré que Bagan est bien une usine à touristes, nous avons découvert qu’il est en fait très facile de s’égarer entre les pagodes et d’errer la journée entière dans un décor ahurissant sans rencontrer âme qui vive. Et bien qu’il s’agisse d’un site archéologique classé, la vie champêtre y a toujours ses droits : les hommes labourent, sèment et récoltent tout autour des monuments.

Monuments dans lesquels il est d’ailleurs possible d’entrer sans restriction, offrant une aire de jeu infinie pour les petits garnements et les férus de photographie. Tiens, ça nous ressemble ça… On s’aventure dans les couloirs, on grimpe, on escalade… On s’en donne à cœur joie ! Pour nous la beauté de Bagan réside dans l’ensemble des petites pagodes perdues et oubliées. Certes les grosses envoient du lourd et nous y passons aussi du temps, mais la magie opère d’autant plus lorsqu’on se retrouve seuls dans une petite pagode sculptée de bas-reliefs et perdue au milieu des champs.

Vieilles pagodes et gros arbres dans la plaine de Bagan

Vieilles pagodes et gros arbres dans la plaine de Bagan


Ce qui nous plait aussi à Bagan, ce sont les ruelles parallèles aux « axes à touristes », monde caché des petits vendeurs ambulants, conducteurs de charrettes ou de tuk-tuks et bien d’autres. Mais notre coup de cœur sera le marché du centre-ville. Cela nous change un peu des pagodes et quel bouillonnement de vie et d’animation ! Sans doute un de nos marchés préférés d’Asie, et on commence à en avoir visité un paquet ! Partout, on retrouve cette peinture bleu/vert-pastel brûlée par le soleil et qui va en s’écaillant. Couleur que nous ne pourrons plus jamais voir sans l’associer au Myanmar, tant elle est représentative du pays tout entier.

Murs du marché de Bagan, balances et paniers

Murs du marché de Bagan, balances et paniers


Nous déambulons 3 jours dans cette page d’histoire avant de reprendre le bus en direction de Mindat, petit village perché dans les montagnes, à la recherche des dernières femmes au visage tatoué du Myanmar… On y a même fait une rencontre incroyable ! Mais, on vous racontera tout ça dans le prochain épisode 😉

A bientôt

M. & Mme Shoes


Visages d’Asie

Cet article comporte 13 commentaires
  1. Encore de splendides photos ! Ce lever de soleil sur les pagodes….Le temps de vous lire et me voilà projeté là-bas, c’est un moment de délectation…Merci pour tout cela. Un plaisir à chaque fois renouvelé, une friandise, mieux, un bon calva que l’on goûte tout doucement…
    Bises à vous.

  2. Salut encore de belles photos de temples et coucher de soleil .Maintenant profitez de Phnom Penh faites de la plongée et prenez le bateaux un peu de détente vous fera du bien bisous les enfants mamie

  3. Encore une fois de bien belles images, ces temples sont vraiment surprenant par leur nombre mais aussi par leur architecture et la vie qui existe encore autour (belle photo avec la charrue et les boeufs)

    et puis de belles scénes de vie sur les marchés (c’est quoi la marque de l’essence (coca oil petroleum??)

    bises

  4. Bonsoir, de bien belles photos, merci pour cette piqure de rappel! Je me suis rendue plusieurs fois au Myanmar et j’envisage Mindat cet été, j’attendrai donc avec impatience votre retour d’expérience. Les planches bd sont vraiment chouettes! J’espère qu’elles donneront lieu à une bd entière? Cordialement, Béatrice

  5. wahouuuu again!

    les couchers et levers de soleil sont magiques dans ce pays, et avec les champs de pagodes comme décor… c’est parfait!!!

    les photos au sol dans la journée sont bien aussi, notamment celles de la vie rurale de ce petit coin.

    et « ceux qui ont 15000€ de matos et qui shootent déjà en pleine nuit à haute vitesse avec le flash intégré » : c’est ceux là que je préfère! les vrais pro de la photo qui font tout en automatique, avec un flash intégré qui à 20km de portée pour éclairer tout le paysage, évidemment 😀

    A bientôt.

    bises

  6. Alors vous deux fatigués .
    après la fièvre et la dengue cool bateau obligatoire et repos.
    Je vais redire comme tous le monde que vos photos sont somptueuses.Mais pour les faire MARIETTE je te conseil de ne pas trop faire d’acrobatie.
    Le char a bœuf magnifique mais ! ! ! ! ! Les bœufs a bosse je crois que ce sont des zébus ((pardon)).
    Merci pour ce merveilleux voyage
    GENTILS FOUS PRENEZ SOINS DE VOUS

  7. Bonjour les enfants . Merci de nous envoyer des cartes postales authentiques de ces belles contrées . Par contre le marché n’est pas aux normes .
    Quand à vous faites une petite pose après l’effort le réconfort .
    A bientôt bises à vous deux. Mamé

  8. Javais un peu de retard et je ne regrette pas d’avoir pris le temps de lire et m’éclater la rétine sur ces sublimes clichés.

    Le temps d’une pause déjeuner, je me suis évader dans les contrés d’Asie.

    Vivement la suite.

    Biz

  9. Quel plaisir de voyager aux travers de vos récits passionnants au coeur même des pays traversés et leurs civilisations authentiques illustrés par de superbes photos.
    Je ne peux que vous souhaiter de nouvelles belles découvertes et rencontres à nous faire partager.

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