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Après une première découverte du Myanmar avec un gros coup de cœur pour la superbe région de Hpa An avec ses rizières, ses formations karstiques et ses grottes, nous voilà sur la route du far-west birman ! Un périple de trente insupportables heures de bus chaotiques et poussiéreuses jusqu’aux confins du pays, à une jetée d’encablures du Bangladesh !

Ngapali beach nous voilà, vamos à la playa !

Bon, quand on vous dit trente heures, il est en effet possible de tout faire d’une traite en bus, mais ne mentons pas, dans notre cas c’est tout simplement de l’esbroufe. En vérité, si nous avons bel et bien dû supporter ces trente maudites heures de bus au total, nous avons fait une étape de deux jours au milieu… À la plage ! Oui oui oui, tout à fait ! A nous les palmiers, noix de coco, coquillages et crustacés, eau turquoise à 30ºC et cocktails à ombrelle. Ben quoi ? Après tout c’est Noël, on a bien le droit d’en profiter !

Lever de soleil sur Ngapali Beach

Lever de soleil sur Ngapali Beach

Les plages de Ngapali sont très jolies, mais pour être tout à fait honnêtes, elles n’ont rien de particulièrement extraordinaire comparées aux plages de Krabi, Khao Lak et des Similan Islands en Thaïlande, où nous avons plongé, il y a quelques semaines. En revanche, on s’y sent mieux. Pour cause : le calme ! On ne peut s’empêcher de constater que les birmans se préparent pour une prochaine invasion des lieux, espérant détourner quelques hordes de touristes de leurs voisins thaïlandais.  Ils construisent à tour de bras des resorts de luxe et des restaurants qui s’étendent jusque sur le sable. Connaissant la pauvreté de cette région sous-développée, on ne leur souhaite que du succès, mais en attendant nous sommes tout à fait ravis de pouvoir profiter d’une plage de sable fin quasi déserte ! Et nous engloutissons des quantités assez ahurissantes de délicieuses tiger prawns (grosses crevettes), de poissons grillés et jus de fruit frais.

Petite crique déserte légèrement à l’écart de Ngapali Beach

Petite crique déserte légèrement à l’écart de Ngapali Beach

Au départ, nous avions prévu de ne passer qu’une journée à lézarder sur le sable blanc de Ngapali, temps nécessaire pour reposer nos lombaires après les maltraitances de la route birmane. Imaginez qu’une autoroute au Myanmar c’est moins large qu’une petite route communale de Normandie ou de la Creuse ! Et en bien pire état : l’accotement est absent, laissant la place à du sable et des cailloux, et de temps à autre la route apparaît entre les nids de poules et autres fissures. Ajoutez à cela que les véhicules au Myanmar sont importés du Japon, ils ont donc le volant à droite, mais le sens de la conduite est également à droite ! Logique quoi !
Steffen, dans le bus. On s'occupe comme on peutPour terminer la description de ce trajet en bus, il faut vous parler de l’ambiance à bord : en plus de la poussière omniprésente soulevée par le bus qui se lance à vive allure sur ce bout de truc qu’ils osent appeler une route majeure, la clim est réglée sur 16°C (rappelons que dehors il fait 35°C au bas mot) ! Enfin, les birmans ne dorment vraisemblablement jamais. Les enceintes ont craché de la pop locale à plein volume 15 heures durant, tandis que les télés géantes du bus diffusaient des clips à l’eau de rose. Clou du spectacle : notre voisin a vomi 7 fois. Un score moyen comparé à l’ensemble des autres passagers qui ont respecté plus moins le même rythme durant le trajet…

Bref, par un coup du sort, le bus qui devait nous conduire à Mrauk-U le lendemain est complet. Quelle tuile ! Nous voila bloqués une journée de plus sur cette plage paradisiaque… On aurait pu s’en arranger si nous n’étions pas en période de Noël, qui correspond aussi à une période de vacances pour certains riches birmans. Plus une chambre libre ! Nous sacrifions une bonne partie de la journée à errer d’hôtel en hôtel, comme trois désespérés (oui, trois.  Nous voyageons toujours en compagnie de ce cher rouquin de Steffen). Finalement, un homme repère notre manège et nous propose une chambre « non-officielle » dans un building en construction, face à la mer et à tarif réduit ! Sauvés ! Le plafond de notre chambre est fissuré, nous sommes à l’eau froide et à la bougie, mais on a vu pire et quelle vue depuis la terrasse, mes amis ! Nous nous faisons cependant discrets comme des souris… Nous comprenons que le propriétaire prend des risques à loger des étrangers sans autorisation. Malgré les récentes élections, le souvenir de la dictature n’est pas loin. Au matin, nous nous faufilons dehors en catimini.

Mrauk U, un autre monde, une autre époque…

Vous qui venez de lire ce titre, vous vous dites probablement : « Et voilà, j’en était sûr(e), encore un nom à la mord-moi-le-noeud. Mais-comment-que-c’est-que-ça-peut-bien-se-prononcer-ce-mot-la-rogntudju ! » Et bien sachez que cela se dit tout simplement « Miaou ». Joli, n’est-ce pas?

Nous arrivons à Mrauk U à 4 heures du matin, heure d’arrivée tout à fait raisonnable et régulière pour n’importe quel bus birman qui se respecte ! A cette heure-là, pas un chat dans les rues. Selon une tradition fortement établie à laquelle nous finirons par nous habituer (ou pas) deux types nous accompagnent diligemment dans les ruelles sombres de la ville pour nous aider à dégoter  une chambre d’hôtel. Cela consiste à frapper comme un forcené à la porte de tous les hôtels en gueulant comme un sourd pour réveiller les tenanciers qui nous ouvrent la porte avec de gros yeux bovins tout collés de sommeil. On répétera le manège cinq ou six fois avant de trouver une chambre convenable. On a bien un peu de remord de réveiller les gens comme ça, mais nos bienfaiteurs birmans ne semblent pas s’en soucier le moins du monde. En particulier quand les tenanciers mettent un pauvre couple dehors, refont la chambre en quatrième vitesse pour au final nous présenter un clapier à lapin insalubre dans lequel nous refusons de dormir…

Les rues de Mrauk U, ici deux époques se côtoient…

Les rues de Mrauk U, ici deux époques se côtoient…

Si nous avons souffert mille martyrs pour venir à Mrauk U, dans les boites à sardines qui servent de bus aux birmans, assaillis par les odeurs de poisson pourri (qui colleront à nos sac à dos durant des semaines !), abrutis par la pop locale aux accents de chat en rut, c’est parce que, vous l’aurez deviné, ce bout du monde vaut le détour. Rien que le fait de déambuler dans les rues nous console de tous les aléas du trajet. On se croirait dans un vieux western. La lumière y est sensationnelle. Les gens sont magnifiques. Il y a de la poussière partout. Nous passons des heures à arpenter les rues et le marché, ou bien à observer, interdits, le travail de forçat des femmes birmanes qui refont la chaussée de la rue principale. Elles emploient une technique millénaire qui a fait ses preuves au temps des conquêtes romaines : casser de la caillasse à la masse en plein soleil jusqu’à en faire du gros gravier qui sera ensuite réparti à la main avant d’être couvert de goudron fumant, fondu au feu de bois dans de vieux bidons. A ce train-là, les routes du Myanmar ne sont pas près de voir un jour une quelconque amélioration.

Une belle grande sœur qui s’occupe de sa petite sœur

Une belle grande sœur qui s’occupe de sa petite sœur


Nous tombons aussi en plein dans une période de célébration, dont les tenants et aboutissants nous échappent complètement, mais que les jeunes de la ville fêtent en sillonnant les rues habillés et maquillés comme des gangsters d’Halloween juchés sur des camions rouillés, avec dans la benne de grosses barres de sono poussées à fond et diffusant les derniers tubes électro à la mode (qui étaient en vogue chez nous en 1994). Ajoutez à cela les déchets jonchant les rues, la lumière rase d’hiver, le brouillard et la poussière omniprésente, on se croirait plongé dans l’univers post apocalyptique de Mad Max.

Outre la ville, ce que nous venons voir avant tout à Mrauk U, c’est son important complexe de temples à l’architecture toute particulière. La ville était en 1430 la capitale du royaume de Mrauk U, principale puissance du coin jusqu’en 1785. Bien que moins important que celui de Bagan, cet ensemble est néanmoins empli d’un charme indéniable, qu’on apprécie tout particulièrement au coucher du soleil, lorsque la brume mêlée de poussière monte rencontrer les derniers rayons de l’astre. Époustouflant !

Fantastique coucher de soleil sur la plaine de pagodes de Mrauk U

Fantastique coucher de soleil sur la plaine de pagodes de Mrauk U


Aujourd’hui Mrauk U est le deuxième site archéologique du Myanmar. Il y reste encore des centaines de temples et de pagodes, répartis un peu partout dans les environs de la ville. Une vaste plaine regroupe les principaux et plus gros, dont l’imposant Paya Htukkanthein, le superbe Paya Shitthaung, la grosse Andaw Pagoda, l’intriguante Sakya Man Aung Pagoda ou encore le superbe Paya Koe Thaung et ses 90000 Bouddhas… Sans compter les nombreuses petites structures laissées à l’abandon ou disséminées ici et là à travers la ville.

Sakya Man Aung, une des pagodes de Mrauk U

Sakya Man Aung, une des pagodes de Mrauk U


Et si l’extérieur des temples semble moins raffiné que ceux du célèbre Bagan, les intérieurs sont extrêmement bien conservés et offrent de magnifiques fresques et statues, dans de nombreuses galeries semées de Bouddhas et ouvertes à l’exploration. Un vrai paradis pour le photographe. La difficulté d’accès à la ville est telle que peu de gens s’aventurent jusqu’ici ce qui, de notre point de vue, ne gâche rien. Vous l’aurez compris, Mrauk U nous a un (tout petit) peu tapé dans l’œil !

Dans les entrailles de la plus grosse pagode de Mrauk U : Paya Htukkanthein

Dans les entrailles de la plus grosse pagode de Mrauk U : Paya Htukkanthein


Allez, s’en est fini du far west ! Retour sur les sentiers battus. Notre prochaine étape sera Bagan, sa forêt de pagodes et son mémorable lever de soleil.

A bientôt !

M. & Mme Shoes


Visages d’Asie


Bons plans / Informations pratiques :

Bus depuis Yagoon vers Ngapali et Mrauk U :

  • Pour se rendre à Ngapali Beach, le plus simple est de s’adresser à la station de bus. Il y a tellement de bus dans la station et dans les rues adjacentes que pour trouver le bon, cela relève d’une mission commando. La direction à prendre est Thandwe, le village le plus proche de Ngapali. Nous avons trouvé un bus vers 15h/15h30 pour 15000 Kyat/personne.
    A Thandwe, le bus va normalement desservir les hôtels, vous pouvez tenter de rester dedans après vous êtes assuré que le bus fait bien le tour des hôtels et vous devriez arriver à Ngapali Beach. Nous sommes descendus à Thandwe ignorant cela et avons dû payer un tuk-tuk 7000 Kyat (tarif normal 1500 Kyat) à 4h du mat. Les 15km qui séparent Thandwe de Ngapali sont dans le pire état possible, il faut compter 50 min pour les parcourir !
  • Il y a normalement un service direct depuis Yagoon vers Mrauk U. Mais nous n’avons pas trouvé plus d’information. Renseignez-vous peut-être en cherchant avec la direction de Sittwe
  • Depuis Ngapali, un bus quitte la Thandwe tous les jours à 13h à direction de Mrauk U et Sittwe. Attention, il s’agit d’un « petit » bus (entre le bus et le van). Il est conseillé de réserver un peu à l’avance. Tarif : 18 000 Kyat

Sinon, vous pouvez aussi prendre l’avion depuis Yagoon vers Sittwe, puis ensuite rejoindre Mrauk U en bus ou en bateau !

Le bus depuis Mrauk U vers le centre :

  • A Mrauk U il y a un trajet presque direct vers Bagan ! Demandez un ticket pour Kyauk Padaung. Si vous ne parvenez pas à obtenir le ticket demandez en un pour Magway et une fois dans le bus demandez au chauffeur de vous déposer à Kyauk Padaung (c’est le même tarif, nous avons payé : 30 000 Kyat). Une fois à Kyauk Padaung, le bus pour Bagan passe à 200m de l’arrêt où vous allez être déposé. Il faut avancer jusqu’au carrefour et tourner à gauche. Dans notre cas à 2h du matin, le bus nous attendait ! Notre chauffeur avait prévenu le bus pour Bagan. Le bus pour Bagan coute 2000 Kyat.

Dormir à Ngapali Beach :

  • Vous n’aurez pas de mal à vous loger, sauf si comme nous vous arrivez en période de vacances. Nous avons passé la première nuit dans une guesthouse juste avant l’usine de glace Ice Factory, et à côté de la galerie d’art. C’est visiblement le moins cher de Ngapali Beach (35$US pour 3). Certains hôtels et resorts de luxe comme le Memento ou le Laguna Beach Resort proposent des chambres à 40$US pour 2 le long de la plage. Des guesthouses et hotels moins chers sont situés à Ngapali, à quelques kilomètres de là. Il existe notamment le Pink Caravan, tenu par une suédoise semble-t-il.

Dormir à Mrauk U :

  • Nous avons pu tester la Royal City Guesthouse, qui possède également des Bungalows et un restaurant. Dans la guesthouse les chambres étaient correctes, avec eau froide et électricité pour 45 0000 Kyat pour 3.
  • Evitez Kyaw Soe, hyper cheap, mais les chambres sont hyper crade et minuscules. La literie est dure comme du bois, il y a des trous dans les murs, et on en passe…

Internet à Mrauk U :

  • A part si vous avez une carte SIM locale chargée en data ou si vous séjournez dans un hotel de luxe vous aurez du mal à trouver une connexion Internet à Mrauk U… Nous avons réussi à nous connecter en demandant la permission au Mrauk U Hotel, un établissement « luxe » qui nous a laissé nous y connecter gracieusement car on avait un souci avec notre banque. Nous ne savons pas s’ils laissent tout le monde s’y connecter… Vous pouvez toujours essayer de demander, le staff était très cool.

L’argent à Ngapali et Mrauk U

  • A Ngapali, l’ATM le plus proche est à Thandwe.
  • A Mrauk U, il y a au moins 1 ATM, mais il était en panne lors de notre passage.

Plus d’informations et photos sur Mrauk U

  • Nous vous conseillons de visiter l’excellent site de Brice, spécialiste de l’Asie qui a écrit un super guide sur les temples de Mrauk U, et en plus y’a de belles photos ! C’est un peu grâce à lui que nous avons eu envie de venir jusque-là.

Cet article comporte 8 commentaires
  1. voilà encore de belles images et de beaux portraits

    et un super jeu de mots « pas un chat dans les rues de Mrauk U » HAHAHA

    et Mariette Indiana Jones a-t-elle trouvé un trésor dans son exploration du temple?

    bises

  2. waouh! encore des superbes photos!

    la plage de Ngapali n’a pas l’air si mal que ça, ça a l’air en tous cas plus accueillant que nos plages normandes pleines de galets, d’eau à 12° et bordées de falaises à la place des palmiers!!! 😀
    d’ailleurs, j’aime beaucoup le lever de soleil sur la plage avec la petite barque perdue au milieu!

    et les couchers de soleil sur Mrauk U sont magnifiques!

    pour ce qui est des temples, il y a toujours autant de Bouddha (mais un peu moins d’or) que dans ceux de Hpa An!

    et au niveau entretien de voirie, ya du boulot… la comparaison avec la technique d’entretien des voies romaines (mode Astérix en Corse, de préférence :p) me semble être une bonne description! pourtant elles ont l’air d’avoir un superbe compacteur les p’tites dames!

    bises.

  3. Hum, quelle ambiance de sérénité dans cette sorte de chapelle où les lucarnes laissent passer les rayons du soleil…Magnifique photo. Également dans les dédales de couloirs ornées de statues où les touristes ne sont pas légion visiblement (pour encore combien de temps…?), cela devait être impressionnant.
    Bon, pour ce qui est des routes et de leur réfection, et bien, ils ne peuvent que progresser de toute façon… Les années de dictatures n’ont rien arrangé et les pauv bidasses qui étaient au pouvoir devaient se fiche comme d’une guigne, de l’état des routes ailleurs qu’autour de leurs palais..
    Bises..

  4. Bonjour!

    Merci pour cet article! Je pars en Birmanie pour un mois plus ou moins à l’improviste (car j’étudie à Bangkok) et j’avais découvert Mrauk-U grâce au blog de Brice avec l’idée fixe que j’irai là-bas, quoi qu’il se passe. Mais bon, mon salaire inexistant d’étudiant me dissuade de prendre l’avion, du coup je pensais faire une pause à Ngapali, mais je ne trouvais aucune info sur des bus. Et puis je tombe sur votre article.

    Je pense suivre vos traces du coup, mais combien de temps de trajet avez-vous mis à chaque fois? Yangon-Ngapali a l’air assez facile, mais surtout pour Ngapali-Mrauk U puis Mrauk U-Bagan. J’avais lu des 24-25h pour Mrauk U-Bagan, vous confirmez?

    En tout cas merci pour votre article! 🙂

  5. Bonjour Antoine,
    Merci pour ton message 🙂 Nous sommes convaincu que quoi qu’il arrive tu vas kiffer le Myanmar. C’est un pays formidable ! Nous aussi c’est l’ami Brice qui nous a convaincu d’aller à Mrauk-U et bien que nous ayons beaucoup hésité, nous n’avons pas du tout regretté !
    Attention tout de même pour les infos sur le bus, ça change tellement vite en Asie… Yangoon-Ngapali à mis une quinzaine d’heure dans un gros bus et environ 10-15 heures pour faire Ngapali-Mrauk-U dans un plus petit bus. De mémoire le retour Mrauk-U-Bagan à été un peu plus rapide que le trajet total entre Yagoon et Mrauk-U. A vue de nez quelque chose comme une vingtaine d’heures, avec un changement à 2h de Bagan en pleine nuit. Notre chauffeur avait appelé le chauffeur de l’autre bus pour qu’il nous attende, sinon on était bon pour le prochain. Du coup si tu n’as pas la même chance que nous je ne sais pas comment ça se passe le changement. Ce qui est sur c’est qu’on nous avait vendu un billet pour un bled moins proche de Bagan, mais le chauffeur nous avait indiqué qu’on pouvait continuer jusqu’à la fameuse ville où nous avons fait le changement pour le même tarif… De mémoire on devait s’arrêter à Chauk, mais on a été jusqu’a Kyuk Padaung où nous avons fait le changement
    Voilà, j’espère que ca te sera utile 🙂
    Have fun !

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