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Au centre de l’Iran s’étend une large étendue brulée par le soleil, composée de sable, de poussière et de montagnes arides rocheuses. Nous nous apprêtons à quitter les mosquées d’Ispahan pour un road-trip de deux jours à travers ce monde désertique. Nous rejoindrons Yazd en faisant étape pour un bivouac dans les dunes du désert de Varzaneh, et pour découvrir des murs de torchis du village historique de Kharanaq…

Une petite voiture blanche nous attend sur le bord de la route, garée sur le bas côté d’un tunnel passant sous la ville. Drôle de lieu pour un rendez-vous avec un guide. La première question qui nous vient à l’esprit est « Comment allons nous tenir à 5 là dedans avec nos sacs à dos et la nourriture pour le bivouac de ce soir ? ». Le jeune homme, rencontré lors de notre visite des merveilles d’Ispahan, nous attend avec un grand sourire. Il est confiant, le coffre est plus grand qu’il n’y parait, nous dit-il en anglais. Après une partie de Tetris permettant de faire entrer tous les sacs dans le petit coffre, nous nous serrons dans l’habitacle et un tour de clef lance le petit moteur pétaradant qui nous mènera à travers le désert durant les deux prochains jours, jusqu’à Yazd… Inch Allah !

Varzaneh, bivouac dans les dunes du désert

Situé à une centaine de kilomètres d’Ispahan et à environ deux cents de Yazd, Varzaneh (ورزنه) est réputé pour ses magnifiques dunes de sable. Le lieu est (peu) fréquenté par les touristes souhaitant gouter à la quiétude d’une nuit dans le désert et la chaleur d’une soirée avec des iraniens assis sur un tapis persan à proximité d’un feu de camp.
Nous, c’est les étoiles qui nous attirent. Notre amie Emilie rêve de passer une nuit sur le sable à observer le ciel. Notre voyage n’étant absolument pas planifié (franchement, on a des têtes de planificateurs nous ?), au moment de quitter Ispahan pour rejoindre Yazd, nous avons choisi de faire route vers Varzaneh.

Après les présentations et courtoisies d’usage qui font suite à une nouvelle rencontre, nous découvrons rapidement la personnalité de notre jeune guide : très vite les blagues douteuses et allusions graveleuses fusent à tour de bras, et il tient absolument à nous faire écouter tous ses tubes préférés de rap/techno à volume max. Nous échangeons des regards inquiets : « 2 jours… Putain, ça va être long ! ».
À peine sortis de la ville, il appuie sur l’accélérateur, le volant dans une main, le téléphone portable dans l’autre. La voiture fait des écarts dangereux au milieu du trafic et des nids de poule. Tout va bien, ici c’est comme cela qu’on conduit. Ah… C’est qu’il a rendez-vous avec un ami qui connait le désert, et veut s’arrêter au village de Varzaneh pour acheter du poulet afin de nous préparer les meilleurs kebabs de tout l’Iran, nous promet-il !

Le vieux pont du village de Varzaneh

Le vieux pont du village de Varzaneh

Nous découvrons le vieux pont du village de Varzaneh en attendant le fameux ami de notre guide. Ici, certaines femmes portent le chador blanc. Ce sont des Zoroastriens, des adorateurs du feu sacré, une religion ancestrale à la base de la culture perse. Enfin, nous repartons vers le désert. Mais plus nous nous enfonçons vers les dunes, plus le temps se gâte. Le vent lève de gros nuages de sable fin qui viennent violemment fouetter les vitres de la voiture. Le ciel se couvre. Notre nuit sous les étoiles ne s’annonce pas gagnée.

Nous profitons un instant des lueurs du coucher de soleil sur les dunes avant d’installer le campement. Quelle vue ! Depuis le sommet d’une dune surplombant légèrement les autres alentour, une mer de sable s’étend à nos pieds. Le fils de l’ami de notre guide nous accompagne. Un bout-de-chou d’à peine 5 ou 6 ans qui a déjà des airs de prince du désert !

Dans le désert de Varzaneh

Dans le désert de Varzaneh

Presque deux heures. C’est le temps qu’il nous faudra pour installer le campement. Nous avons repéré un coin protégé du vent avec un peu de racines au sol, indispensables pour planter les sardines. Car nous n’y avions pas pensé plus tôt, mais la tente de nos amis Adrien et Émilie n’est pas auto-portée ! Essayez donc de planter des sardines dans du sable pour tendre une toile ! Dans la manœuvre l’un des arceaux de leur tente se brise, n’enlevant rien à la complexité de la situation. Adrien peste…

Le vent se calme alors que le crépuscule dresse le grand rideau noir de la nuit. Nous pouvons enfin profiter de la fraicheur nocturne et d’un bon thé iranien. Le feu crépite et les kebabs embaument l’air d’épices et de viande grillée. Une jeune australienne passant par là se joint à nous. Soirée amicale à la lueur des flammes. Ahhh la simplicité et la convivialité d’un bon bivouac ! Nous nous remémorons notre premier « grand voyage » quand nous avons fait le tour de l’Australie en 4×4 et notre traversée par le désert en stop effectuée quelques années plus tard. Le ciel restera malheureusement bouché, on repassera pour les étoiles, mais les kebabs nous font oublier l’absence de la voute céleste… Notre guide s’avèrera avoir raison : ses kebabs sont incroyablement délicieux ! Il s’avère être aussi bon cuisinier qu’il a mauvais humour.

Kharanaq, village traditionnel abandonné.

Au lendemain de notre nuit désertique, notre guide nous emmène à Chak Chak (چك چك), village de montagne dans lequel se trouve une grotte sacrée zoroastienne. Si la route pour s’y rendre est magnifique, le village en lui même est relativement sans intérêt autre qu’historique. Tout comme la fameuse grotte… Vous comprendrez qu’après 2 heures de routes sous 40°C et la déception de Chak Chak, nous sommes relativement méfiants lorsque notre guide nous propose de faire étape à Kharanaq… Nous hésitons à lui demander de nous emmener directement à Yazd, et puis finalement nous lâchons l’affaire et nous laissons entrainer. Et quelle surprise ! Quelle erreur cela aurait été de rater cela, chers amis ! Dramatique !

Village historique abandonné de Kharanaq

Village historique abandonné de Kharanaq

Situé à 75km de Yazd, Kharanaq (خرانق) est perché sur les flancs d’une large vallée verdoyante au fond de laquelle serpente une rivière passant d’abord sous un vieux pont aux arches de pierres, puis serpentant aux côtés d’une vieille mosquée au dôme bleu turquoise. Kharanaq est un village traditionnel en torchis, vieux de plus de 1000 ans et quasiment abandonné aujourd’hui. Les ruines labyrinthesques et la vue plongeante sur la vallée offrent, malgré une lumière dure et écrasante en pleine après-midi, un fabuleux terrain de jeu pour la photographie ! Nous passons 2 bonnes heures à déambuler dans les tunnels et à grimper sur les toits, à nous perdre en imaginant le passé prospère de ce village fermier qui fut abandonné lorsque l’eau vint à manquer.

Village historique abandonné de Kharanaq

Village historique abandonné de Kharanaq

Notre guide nous arrache à notre balade dans le temps, il faut rejoindre Yazd avant la nuit, d’autant plus que nous n’avons aucune idée d’où nous dormirons ce soir. Nous aurions pu rester à Kharanaq encore des heures ! Nous n’avons même pas visité le superbe caravansérail fraichement rénové depuis que Kharanaq commence à attirer les touristes. Quel dommage !

Informations pratiques

Il n’existe visiblement pas de transports réguliers entre Ispahan et Varzaneh. Du moins pas jusque dans le désert. Il est néanmoins possible de trouver des taxis peu chers ou des guides qui comme nous vous y emmènerons. Nous avons payé 90€ (+ nourriture) pour 4 personnes, incluant le transport entre Ispahan et Yazd avec l’étape camping dans le désert de Varzaneh, la visite de Chak-Chak et la visite de Kharanaq.
Mettez vous bien d’accord sur le taux de change lors de la négociation : 90€ changé au taux local n’est pas la même chose que 90€ changé au taux officiel (voir notre article à ce propos).

Il est également possible d’aller visiter Chak-Chak et Kharanaq (et d’autres sites) depuis Yazd en louant les services d’un guide avec une voiture privatisée. Comptez environ 40-50€ + entrée des sites payants + la nourriture.

Cet article comporte 2 commentaires
  1. Superbes photos ! Vous n’avez pas croisé de scorpions 🙂 ?
    On s’est aussi fait un plan à Varzaneh avec au menu : nuit paisible dans le désert pour regarder les étoiles.
    Sauf qu’un bus à débarqué plein de jeunes venus faire la teuf dans le désert.
    Autre style, mais super expérience…

    1. Merci Fred !
      Si si si ! On a découvert un ptit scorpion blanc du désert sous la tente au réveil !
      Dommage pour la nuit pénard ! Nous on a eu mauvais temps 🙁
      On a vu des jeunes qui venaient faire la teuf dans le désert à un autre moment du séjour aussi mais on ne bivouaquait pas ce soir là, c’est vrai que c’est différent… 😉

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