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Yazd, cité de désert… Au lendemain de notre nuit en tente dans les dunes du désert de Varzaneh, d’une journée passée sur la route, nous atteignons enfin Yazd, étonnante vieille ville qui semble tout droit sortie du sable…

Yazd, ville des sables

Notre première impression de Yazd (perse : یزد), se fait de nuit alors que nous avons a peine posé nos bagages. Nous découvrons l’ambiance nocturne qui anime les rues et les restaurants, illuminés à la lueur des néons des enseignes et de quelques lampadaires. Ici, comme dans une grande partie de l’Iran on vit en partie la nuit…

De jour, rien n’est plus plaisant et dépaysant que de déambuler dans les ruelles étroites aux murs ocres battus par le soleil. On s’y perdrait si ce n’était pour ces coupoles bleues qui surgissent ça et là d’un coin de rues tels d’étranges champignons, seules notes de teinte vive dans un univers couleur de terre. Nous revivons notre balade de la veille dans le village abandonné de Kharanaq, mais ici le vieux centre à été conservé. Véritable bijou de l’architecture désertique perse.

Dès qu’un escalier nous le permet nous grimpons sur les toits. De là, nous disposons de postes d’observation privilégiés nous permettant de buller en toute tranquillité. Nous pouvons admirer une vue soudain dégagée révélant coupoles, goldastes (ou minarets) et innombrables bâdgirs tentant d’attraper dans les cieux le moindre souffle d’air rafraîchissant. Les bâdgirs, ou tours des vents, sont indispensables à une ville comme Yazd qui, sans cela, finirait certainement par cuire dans sa coquille. Pour éviter cette fin des plus tragiques, les anciens inventèrent il y a de cela plusieurs millénaires ces ingénieuses tours des vents qui permettent à un air frais et sain de circuler en permanence dans les lieux clos de la cité.

Dans les ruelles du vieux Yazd : murs de torchis et coupoles bleues

Dans les ruelles du vieux Yazd : murs de torchis et coupoles bleues

Fidèles à notre habitude, nous tentons de capturer des scènes de vie dans cette ville de torchis : des femmes en chador accompagnées de leurs enfants, un motard solitaire, des hommes qui déchargent un camion de pastèques, une femme vendant ses tomates au marché, une jeune étudiante, deux hommes fumant sur un bancs… Nous ne  nous lassons pas d’observer la vie des habitants qui donne son âme à cette ville si spéciale. Bien qu’éminemment tournée vers le tourisme, elle n’en reste pas moins un lieu vibrant et bien vivant, qui n’a rien d’un musée à ciel ouvert !

Évidement, pour mieux connaître Yazd, il ne faut pas hésiter à s’engouffrer dans ses entrailles. Pour cause de chaleur intolérable, beaucoup de rues sont en effet plutôt qualifiables de tunnels. Tunnels dans lesquels courent une légère brise à la fraicheur miraculeuse, provenant tout droit des prodigieux bâdgirs ! Le bazar s’étale de manière tentaculaire dans ces coursives couvertes, résonnant d’activité jusqu’à 14h, heure à laquelle tous les habitants, d’un commun accord, ont décidé que ce serait l’heure de la sieste ! La chaleur lénifiante de l’après-midi ne manquera pas de vous le rappeler aussi. Vers 17h, les boutiques rouvrent progressivement leurs portes et l’animation reprend de plus belle jusqu’à tard dans la nuit.

En plein après-midi, alors que toute la ville dors sous la chaleur, un vieil homme traverse le bazar sur sa vieille moto...

En plein après-midi, alors que toute la ville dors sous la chaleur, un vieil homme traverse le bazar sur sa vieille moto…

La Jameh mosque, mosquée du vendredi

La Jameh mosque (perse : مسجد جامع یزد, Masjid-e-Jāmeh Yazd), réputée comme étant un magnifique exemple de l’art persan du XIVème siècle, est flanquée des deux minarets les plus hauts d’Iran, impressionnantes flèches bleues jetées dans l’azur du ciel. L’endroit est très harmonieux, moins extraordinaire peut-être que les remarquables édifices d’Ispahan, mais plus vivant et habité du caractère religieux.

Des tapis rouges couvrent le sol de la mosquée, attendant de recueillir les genoux et les fronts des âmes pieuses aux heures de prière. Ce qu’il est agréable de déambuler pieds nus sur cette couche moelleuse ! On comprend ces iraniens qui passent ici des heures calmes de méditation ou tout simplement  de repos bien mérité ! Ce qui nous fascine le plus, c’est ce gigantesque et magnifique mihrab, une niche semi-circulaire indiquant la direction de la Mecque, lieu privilégié de recueillement pour les fidèles de passage.

Un imam rencontré devant la Jameh mosque de Yazd

Un imam rencontré devant la Jameh mosque de Yazd

Le complexe Amir Chakhmaq

Le complexe Amir Chakhmaq (en perse : مجموعه مید ان امیرچقمامیدان امیرچقماق یزد ماقMajmūʿa Meydân Amir Čaqmaq) est une large place en plein centre de Yazd. Elle est le symbole de la ville de Yazd. Très photogénique, surtout de nuit et en fin de journée, quand toutes les petites alcôves de la façade sont illuminées de lumière électrique, le complexe est un lieu animé très agréable à visiter. Outre la magnifique facade de la mosquée, on trouve aux alentours des bains publiques, des gargotes et échoppes en tout genre ainsi qu’un des plus réputés marchants de confiseries et autres petits gâteaux typiques du coin, très appréciés des touristes iraniens qui en achètent à la pelle afin de les offrir à toute leur famille !

Alors que nous déambulons dans les rues alentours, visitant d’autres mosquées (dont la magnifique mosquée moderne Hazayer Mosque) et petits recoins de la ville, une sévère averse doublé de fortes bourrasques de vent levant des nuages de poussière nous force à nous réfugier dans les tunnels du bazar que nous n’avons pas encore eu l’occasion de voir durant les heures d’ouverture. Un autre monde règne dans ces longs couloirs éclairés par des puis de lumière réguliers et illuminés par des guirlandes et grosse ampoules. Ici à Yazd, on produit une spécialité artisanale : le Termeh (perse : ترمه‎), une technique de broderie fine sur laine. Simplement magnifique !

Ce rapide petit tour de Yazd nous laissera un goût de trop peu. Il y a bien d’autres choses à découvrir dans les ruelles de cette ville splendide ! Mais nous devons rentrer à Téhéran impérativement pour faire rallonger la durée de notre visa… En effet, l’ambassade iranienne à Paris nous a accordé 10 jours de moins que prévu sur nos billets d’avion ! Pratique ! Il nous faut absolument régler cette formalité administrative avant de pouvoir poursuivre notre voyage vers le nord au fameux château des assassins, pour une randonnée au pays des assassins et des loups

Peuple d’Iran

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